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Gérer sa trésorerie quand on est artisan : la méthode simple

Un carnet de commandes plein ne protège de rien. Ce qui compte, c'est ce qui va entrer et sortir dans les prochaines semaines.

La trésorerie se pilote, et elle se pilote avec très peu de chiffres.

Rentable ne veut pas dire payé

Un chantier signé à 20 000 euros, c’est du chiffre d’affaires. Tant que le client n’a pas viré l’argent, ce n’est pas de la trésorerie. Entre les deux, il peut se passer deux mois, et pendant ces deux mois vous payez vos salariés, vos matériaux et vos charges.

Le piège classique consiste à regarder un carnet de commandes plein et à se croire à l’abri. Ce qui compte, c’est ce que vous avez sur le compte et ce qui va y entrer ou en sortir dans les prochaines semaines.

Quel tableau de trésorerie tenir ?

Oubliez les modèles compliqués. Il vous faut une vue sur trois mois, semaine par semaine, avec deux colonnes :

  • ce qui doit entrer, les factures que les clients vont régler, à leur date réelle de règlement et non à leur date d’émission ;
  • ce qui doit sortir : salaires, matériaux, loyer, échéances de prêt, TVA, cotisations.

À chaque ligne, le solde prévisionnel. Le jour où il passe en négatif, vous le savez trois semaines à l’avance, assez tôt pour décaler un achat, relancer un client ou appeler la banque avant d’être dans le rouge.

Un cas où l’affaire est bonne et le compte plonge

Prenons un électricien de trois salariés qui reprend l’installation d’un petit immeuble : 17 400 euros, payés à la livraison. Il avance 6 200 euros de matériel, réglés à 30 jours, et environ 8 900 euros de salaires et charges sur les deux mois du chantier. Sur le papier, l’affaire dégage 2 300 euros de marge.

Les sorties tombent pourtant en semaines 2 et 6, et l’encaissement arrive en semaine 9. Pendant un mois, le compte plonge de plusieurs milliers d’euros alors que l’affaire est bonne : l’argent sort avant d’entrer.

Un acompte de 30 % à la signature, soit 5 220 euros, aurait couvert un tiers des 15 100 euros sortis avant l’encaissement. C’est ce qu’un prévisionnel montre avant que le problème arrive, et la raison pour laquelle la facture d’acompte est un outil de trésorerie autant qu’un outil commercial.

Les trois erreurs qui coûtent cher

Confondre chiffre d’affaires et trésorerie. Une grosse facture émise ne remplit pas le compte. Raisonnez toujours en dates d’encaissement réelles.

Oublier la TVA et les charges. La TVA que vous facturez ne vous appartient pas, vous la collectez pour l’État. Si vous la dépensez, vous aurez un trou le jour de la déclaration. Mettez-la de côté, mentalement ou sur un compte séparé.

Ne pas anticiper les gros décaissements. Une échéance de prêt, un paiement de matériaux à 30 jours, la prime de fin d’année : ce sont des sorties connues à l’avance. Elles ne devraient jamais surprendre.

Comment améliorer sa trésorerie ?

L’acompte, qui déplace l’encaissement au début plutôt qu’à la fin.

La facturation immédiate : facturer le jour où le travail est fini, pas trois semaines plus tard. C’est le moyen le moins coûteux et le plus négligé.

La relance systématique, qui raccourcit le délai réel d’encaissement sans rien changer aux conditions : voir relancer les impayés.

Le suivi hebdomadaire de ces chiffres tient dans le tableau de bord du dirigeant.

Les règles diffèrent sensiblement sous le régime de la micro-entreprise, en particulier autour des seuils : voir micro-entreprise, bien facturer et anticiper les seuils.

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