BPU, DQE et DPGF : lire et remplir les pièces de prix d'un marché de travaux
Les trois pièces se ressemblent sur un tableur et n'engagent pas de la même façon. Une erreur de quantité se rattrape sur un BPU et se paie sur une DPGF.
Un dossier de consultation de travaux demande presque toujours de remplir une pièce de prix : un BPU, un DQE, une DPGF, ou plusieurs à la fois. Sur un tableur, les trois se ressemblent : des lignes d’ouvrages, des unités, des quantités et des prix. Elles n’engagent pourtant pas l’entreprise de la même façon, et la différence se voit au décompte.
Tout part de la forme du prix choisie par le maître d’ouvrage.
Quelle différence entre un prix unitaire et un prix forfaitaire ?
Le code de la commande publique distingue deux formes de prix (article R2112-6). Le prix unitaire s’applique aux quantités réellement exécutées. Le prix forfaitaire rémunère une prestation ou un ensemble de prestations, quelles que soient les quantités. Un même marché peut combiner les deux.
La norme NF P03-001, qui sert de cahier des clauses générales aux marchés privés de bâtiment, retient la même distinction : le marché au métré sur prix unitaires, réglé en appliquant les prix aux quantités réellement exécutées, et le marché à prix global et forfaitaire, réglé indépendamment des quantités mises en œuvre.
| Pièce | Forme de prix | Ce que vous remplissez | Ce qui est payé |
|---|---|---|---|
| BPU | Prix unitaire | Un prix par unité d’ouvrage | Prix × quantités réellement exécutées |
| DQE | Prix unitaire | Les prix du BPU appliqués à des quantités estimées | Rien directement : il sert à comparer les offres |
| DPGF | Prix forfaitaire | Le détail d’un prix global, ligne par ligne | Le prix global, quelles que soient les quantités |
Qu’est-ce qu’un BPU ?
Le bordereau des prix unitaires fixe le prix de chaque élément d’ouvrage ou unité de produit : le mètre cube de béton de fondation, le mètre carré d’enduit, l’unité de prise posée. Il ne donne aucune quantité.
Au paiement, le prix unitaire est multiplié par la quantité réellement exécutée (article 10.3.2 du CCAG Travaux 2021). Les quantités se constatent sur le chantier, par métré ou par attachement, c’est-à-dire un constat écrit, daté et signé des quantités mises en œuvre.
Le risque d’un BPU porte sur le prix de chaque unité. Une unité mal chiffrée se perd à chaque mètre posé, et plus le chantier en consomme, plus la perte grossit.
À quoi sert le DQE ?
Le détail quantitatif estimatif reprend les prix du BPU et les multiplie par des quantités estimées par le maître d’ouvrage. Le total donne un montant d’offre, et c’est ce montant qui permet de comparer les candidats entre eux.
Les quantités du DQE restent des estimations : le paiement suit les quantités exécutées, au prix du BPU. Le règlement de la consultation dit en général quelle pièce prévaut quand le prix unitaire du BPU et celui du DQE ne concordent pas. Lisez cette clause avant de remplir, parce qu’une incohérence entre les deux pièces est corrigée par l’acheteur, à sa façon.
Qu’est-ce qu’une DPGF ?
La décomposition du prix global et forfaitaire détaille un prix forfaitaire en lignes d’ouvrages, avec leurs quantités et leurs prix. Le maître d’œuvre fournit souvent le cadre et les quantités, que l’entreprise complète et vérifie.
Le prix payé reste le prix global. Le CCAG Travaux 2021 le précise : les différences entre les quantités exécutées et celles de la décomposition ne modifient pas le prix forfaitaire, même quand la décomposition a une valeur contractuelle, et les erreurs qu’elle pourrait contenir non plus (article 10.3.1).
Une quantité sous-estimée dans une DPGF que vous avez signée est donc à votre charge. C’est la différence qui compte le plus entre les trois pièces : sur un BPU, l’erreur de quantité se corrige au métré ; sur une DPGF, elle se paie.
Comment chiffrer une DPGF sans perdre de marge ?
Refaites les métrés des postes lourds. Il est inutile de tout recompter : les quatre ou cinq lignes qui portent la moitié du montant suffisent. Un écart de 10 % sur le gros œuvre pèse souvent plus que toutes les petites lignes réunies.
Partez du déboursé sec. Pour chaque ouvrage, la fourniture, la main-d’œuvre au temps réel de pose et le matériel, puis le coefficient qui couvre les frais généraux et la marge. Le calcul se fait avec le calculateur de marge et de coefficient.
Signalez les écarts par écrit avant la remise de l’offre. Une quantité manifestement fausse se signale au maître d’œuvre pendant la consultation. Après la signature, le forfait vous engage.
Gardez vos ouvrages d’une offre à l’autre. Les mêmes lignes reviennent d’un dossier à l’autre. Une bibliothèque de prix et d’ouvrages évite de rechiffrer le mètre carré de cloison à chaque consultation.
Comment se facture ensuite chaque forme de prix ?
Un marché sur BPU se facture au métré : chaque situation reprend les quantités exécutées depuis le début du chantier, multipliées par les prix unitaires, moins ce qui a déjà été facturé.
Un marché sur DPGF se facture à l’avancement : chaque ligne de la décomposition devient un poste de situation, facturé selon son pourcentage d’avancement. Le calcul est fait dans le modèle de situation de travaux, et les comptes du marché s’arrêtent à la fin par le décompte général et définitif.
La fiche de StrucTime Gestion montre comment le logiciel assemble un devis à partir d’ouvrages et le facture par situations.
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