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Rentabilité par client : qui vous fait gagner de l'argent

Deux clients au même chiffre d'affaires peuvent avoir des profils opposés : l'un porte l'entreprise, l'autre la freine. Sans mesure, rien ne les distingue.

La plupart des dirigeants connaissent leurs meilleurs clients au chiffre d’affaires. Peu savent lesquels sont les plus rentables, et ce n’est pas la même chose. Le gros client qui négocie chaque prix, exige des délais serrés, multiplie les demandes de dernière minute et paie en retard peut mobiliser énormément de ressources pour une marge médiocre. Pendant ce temps, un petit client discret et régulier dégage peut-être la meilleure marge du portefeuille.

Mesurer la rentabilité par client, c’est cesser de piloter au volume pour piloter à la marge.

Pourquoi le chiffre d’affaires ne suffit-il pas ?

Il est facile à sortir, et c’est ce qui le rend trompeur : il additionne ce qui rentre, jamais ce qu’il a fallu dépenser pour l’obtenir. Deux clients à 30 000 euros annuels peuvent avoir des profils opposés.

Le premier commande simplement, accepte les prix, paie à l’échéance. Le second exige des devis refaits trois fois, des interventions non prévues, des relances à répétition.

Au chiffre d’affaires, ils sont identiques. À la marge réelle, l’un porte l’entreprise et l’autre la freine. Sans mesure, rien ne les distingue, et on traite souvent le second avec plus d’égards, puisqu’il pèse autant.

Comment calculer la rentabilité d’un client ?

La rentabilité d’un client se calcule comme celle d’un chantier, mais agrégée sur toute la relation. On rapproche, sur une période :

  • ce que le client a facturé et réglé ;
  • le coût direct de ce qu’on lui a livré : matières, heures, sous-traitance ;
  • les coûts moins visibles qu’il génère : temps commercial passé en devis et allers-retours, interventions gratuites, retards de paiement qui pèsent sur la trésorerie.

Ce dernier bloc est celui qu’on oublie, et c’est souvent lui qui fait basculer un client de rentable à déficitaire. Un client qui paie à 90 jours immobilise votre trésorerie bien plus qu’un client à 30 jours, même à marge égale.

Ce qu’on décide une fois qu’on sait

Connaître la marge par client sert à agir en connaissance de cause, sans forcément écarter les moins rentables.

Renégocier les conditions d’un gros client peu margé plutôt que de le subir : un prix, un délai de paiement, un cadrage des demandes hors devis.

Choyer les clients discrets et rentables, qui sont le socle silencieux du résultat et que personne ne remarque tant qu’ils ne partent pas.

Cadrer les demandes qui débordent : ce qui n’était pas au devis se facture, faute de quoi la marge s’évapore en gestes commerciaux répétés.

Refuser, parfois. Un client structurellement déficitaire qu’on garde par habitude occupe une capacité de production qui vaudrait mieux ailleurs.

Comment la mesurer sans y passer un mois ?

Le calcul demande que trois choses soient rattachées au client : les factures, les coûts directs, et les heures passées. Si ces trois-là vivent dans trois endroits différents, la mesure devient un projet et ne se fera pas.

Commencez petit : prenez vos dix plus gros clients au chiffre d’affaires, calculez leur marge réelle sur l’an dernier, et regardez le classement. Il diffère presque toujours du classement au chiffre d’affaires, et c’est cet écart qui vous apprend quelque chose.

Le suivi régulier se pose ensuite dans le tableau de bord.

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