Marge brute et marge nette d'un chantier : le calcul poste par poste
Deux chantiers au même chiffre d'affaires peuvent cacher deux réalités opposées : l'un dégage quinze pour cent de marge, l'autre en perd cinq.
Deux chantiers au même chiffre d’affaires peuvent cacher deux réalités opposées. Une entreprise qui ne mesure pas sa marge par chantier ne sait pas lesquels de ses clients, de ses types de travaux ou de ses conducteurs gagnent de l’argent. Elle pilote au chiffre d’affaires, c’est-à-dire à l’aveugle.
Le calcul n’a rien de sorcier. Il demande de la rigueur sur ce qu’on compte, et où.
Qu’est-ce que le déboursé sec ?
Le point de départ est la somme des coûts directement consommés par le chantier.
La main-d’œuvre, valorisée au coût horaire chargé, pas au taux facturé. Ce coût se reconstitue à partir du bulletin : le brut, les cotisations patronales, la cotisation congés payés versée à la caisse du bâtiment, puis les paniers, trajets et primes. Sur ces bases, un compagnon payé 14 euros brut de l’heure ressort couramment entre 20 et 25 euros chargés. Ce coefficient se recalcule sur votre propre paie plutôt qu’il ne se recopie, et le taux de la caisse de congés payés se vérifie caisse par caisse.
Les matériaux et fournitures, tout ce qui a été acheté ou sorti du stock pour ce chantier.
La sous-traitance, affectée au chantier.
Le matériel, location ou quote-part d’utilisation des machines en propre.
La qualité de ce calcul dépend entièrement de la discipline d’affectation : des heures et des achats rattachés au bon chantier, au fil de l’eau. C’est l’objet du suivi de chantier et du pointage des heures.
Comment répartir les frais généraux sur un chantier ?
S’ajoutent les frais de chantier, installation, benne, compte prorata, nettoyage, puis la quote-part de frais généraux : loyer de l’atelier, véhicules, assurance, temps administratif, rémunération du dirigeant. Ces coûts existent que le chantier ait lieu ou non, et chaque chantier doit en absorber sa part.
La méthode courante consiste à calculer un coefficient de frais généraux sur l’année écoulée, en rapportant les frais généraux totaux au total des déboursés secs, puis à l’appliquer à chaque chantier. Une entreprise dont les frais généraux représentent 25 % des déboursés majore donc chaque déboursé de 25 % pour connaître son coût de revient complet.
Quelle différence entre marge brute et marge nette ?
La marge brute est le prix de vente hors taxes moins le déboursé sec. Utile pour comparer les chantiers entre eux.
La marge nette est le prix de vente moins le coût de revient complet, frais de chantier et quote-part de frais généraux compris. C’est elle qui dit si le chantier a enrichi l’entreprise.
Exemple : un chantier facturé 20 000 € HT a consommé 14 000 € de déboursé sec. La marge brute est de 6 000 €, soit 30 % du prix de vente. Avec un coefficient de frais généraux de 25 %, le coût de revient complet atteint 17 500 €, et la marge nette tombe à 2 500 €, soit 12,5 %. Le même chantier paraît confortable en marge brute et serré en marge nette.
Pour calculer la marge sur coûts directs de vos chantiers, avant frais généraux : le calculateur de marge de chantier.
Chaque dérive silencieuse, heure non comptée, avenant non facturé, reprise gratuite, se retranche directement de ce reliquat, et peut suffire à le faire passer sous zéro.
La calculer pendant, pas après
Le calcul en fin de chantier constate. Le même calcul en cours permet d’agir : à chaque instant, on compare la part du budget consommée à la part du chantier réellement avancée.
Un chantier à 60 % de budget consommé pour 40 % d’avancement a un problème, et il est encore temps d’en parler au client, de revoir l’organisation ou de facturer un avenant. Le même constat trois mois plus tard ne sert qu’à alimenter les regrets.
Les trois fuites les plus fréquentes
Les avenants non facturés. Le client demande une modification, on la fait pour ne pas envenimer la relation, et elle ne se retrouve nulle part. C’est la première cause de marge perdue.
Les heures non pointées. Un passage rapide, une reprise, un déplacement : chacun paraît négligeable, et leur somme se lit dans la marge.
Le matériel non affecté. Une location facturée globalement, non rattachée à un chantier, disparaît dans les frais généraux et fausse tous les chantiers à la fois.
Le suivi régulier tient dans le tableau de bord du dirigeant, et la même logique appliquée au portefeuille donne la rentabilité par client.
Pour poser vos propres chiffres sans refaire le tableau : le calculateur de marge de chantier.
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