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Changer de logiciel avec des chantiers en cours et des situations

Il n'existe pas de trimestre creux dans le bâtiment. La bascule se construit donc autour de l'activité, avec quelques règles qui évitent les dégâts réels.

L’objection revient dans toutes les discussions de migration, et elle est fondée : « je ne peux pas arrêter, j’ai six chantiers ouverts ». Une entreprise du bâtiment n’a jamais de trimestre creux, et il n’existe pas de fenêtre idéale où tout serait soldé. La bascule se construit donc autour de l’activité.

Cette page traite le cas le plus délicat : des chantiers en cours, des situations déjà émises, des retenues de garantie en attente.

La règle qui commande tout le reste

Une situation de travaux ne se lit jamais seule. Elle exprime un cumul depuis l’origine du marché, dont on déduit ce qui a déjà été facturé pour obtenir le montant de la période.

Conséquence directe : un chantier repris sans ses cumuls antérieurs produira une situation suivante fausse. Elle refacturera ce qui a déjà été payé, ou l’inverse. C’est le seul risque de migration qui touche directement l’argent encaissé, et le plus facile à éviter quand on le sait à l’avance.

D’où la règle : pour chaque chantier repris, on reprend le marché initial, les avenants signés, le cumul facturé et le cumul encaissé. Quatre chiffres par chantier. Dix chantiers ouverts font quarante chiffres à contrôler, ce qui prend une matinée.

Quand changer de logiciel en cours de chantier ?

Entre deux situations, chantier par chantier. La plus propre. Chaque chantier bascule juste après l’émission de sa situation du mois, quand son cumul vient d’être arrêté et validé par la maîtrise d’œuvre. Les chantiers ne basculent pas tous le même jour, et ce n’est pas un problème.

À une fin de mois commune. Plus simple à piloter, un peu moins confortable : certains chantiers seront pris en milieu de période, avec un cumul que personne n’a encore validé.

À la clôture d’exercice. Séduisant sur le papier, coûteux dans les faits : c’est le moment où le bureau est déjà saturé. Les entreprises qui la choisissent le font pour des raisons comptables, rarement pour du confort.

Que reprendre dans le nouveau logiciel ?

Le tri se fait sur un critère unique : est-ce que je vais encore écrire dessus ?

Élément Sort Pourquoi
Chantiers en cours Repris avec cumuls On va y écrire demain
Chantiers réceptionnés, garantie en cours Repris en suivi léger Retenue à libérer, réserves à lever
Chantiers soldés Archive Consultation seulement
Devis en attente de réponse Repris Peuvent devenir des commandes
Devis perdus ou périmés Archive Aucune écriture à venir
Bibliothèque d’ouvrages Reprise intégrale Outil de production quotidien
Fiches clients et fournisseurs Reprises intégralement Base de tout le reste

Les retenues de garantie, le point qu’on oublie

Une retenue libérable dans dix-huit mois porte sur un chantier qui sera soldé depuis longtemps au moment de la bascule. Si elle n’est pas reprise avec sa date d’échéance et son montant, personne ne la réclamera : ni le logiciel, qui ne la connaît pas, ni le maître d’ouvrage, qui n’a aucune raison de la rendre spontanément.

Faites-en une liste à part, avec pour chaque ligne le chantier, le montant, la date de réception et la date de libération attendue. C’est de l’argent qui dort, et il dort chez quelqu’un d’autre.

Après la bascule

Gardez l’ancien outil accessible en lecture quelques semaines, le temps que les premières situations sortent du nouveau et soient comparées aux précédentes. Le régime d’archivage, lui, se prépare pendant la migration et pas après : voir archiver son ancien logiciel.

La méthode générale de reprise et sa recette sont dans migrer depuis Batigest.

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